65. Petite Fée et le Mage Blanc

Publié le par marypistache

 

Petite Fée et le Mage Blanc
papillon
 
 
Une Sorcière à la beauté maléfique avait décidé d’accroître sa puissance en volant l’essence même des fées. Elle s’était servie d’un mage qu’elle avait mis en son pouvoir et était devenu un mage des ténèbres. Il les capturait, puis emprisonnait leur essence magique dans des boules de cristal. Les petites fées, vidées de leur magie, étaient comme figées, et ressemblaient à des marionnettes sans vie. Il les enfermait ensuite dans des prisons de pierre. Chaque fée, transformée en petite figurine de pierre, était plongée dans un profond sommeil. Le "Mage Noir" , la Sorcière Maryaelle l’avait rebaptisé ainsi, était auparavant un magicien à qui les fées aimaient rendre visite. Une solide amitié était née entre Petite Fée et lui, anciennement connu sous le nom du "Mage Blanc". Petite Fée était même tombée follement amoureuse de lui, mais elle n’osait pas lui avouer son amour car même s'il était veuf depuis des années, il semblait encore très attaché à son défunte épouse, une femme d’une extrême bonté aussi belle que l’aurore. Petite Fée lui rendait souvent visite, mais pas depuis quelques temps : son cœur était meurtri de ne pouvoir lui avouer ses sentiments véritables. Le Mage Blanc se sentit au cours de ces mois sans Petite Fée de plus en plus triste. Petite Fée lui avait dit qu’elle partait rendre visite à sa mère qu’elle n’avait pas vu depuis des mois. En réalité, elle allait soigner son cœur blessée auprès de celle qui avait toujours su trouver les mots justes pour l’apaiser. De son côté, le Mage Blanc occupait ses journées à étudier , à créer de nouveaux sortilèges, et à s’occuper de son jardin, réputé dans toute la région. Maryaelle, sorcière maléfique dont la beauté était aussi enchanteresse que la nuit profonde, avait voulu rencontrer ce mage blanc. Elle avait décidé de lui voler ses secrets et d’en faire son esclave. N’était-il pas un homme seul et vulnérable ? Il était certes un magicien puissant dont les pouvoirs étaient incommensurables ; mais c’était tout de même une homme. On ne sait pas par quel malheureux hasard, la vie est pleine de mystère, le sort tomba sur le Mage Blanc. Ce dernier , envoûté par le charme agissant de la Sorcière Maryaelle qui n’eut recours qu’à un sortilège mineur pour l’asservir, devint aussitôt son serviteur dévoué. Il ne lui était pas indifférent, elle avait donc décidé qu’il serait également un de ses nombreux amants. Maryaelle, qui depuis longtemps voulait s’emparer des pouvoirs des fées, trouvait en lui une aide considérable. Il s’emparerait du pouvoir des fées sans qu’elles s’en aperçoivent, voyant toujours en lui leur grand ami. Pourquoi en effet, se serait-elle méfiée de lui ? Maryaelle avait tout prévu. Elle avait fait courir une rumeur qui disait qu’un mortel, chasseur de fées, en avait déjà capturé un bon nombre, dans des régions voisines, pour les ajouter à sa collection déjà conséquente. Les fées voyant les leurs disparaître une après l’autre commencèrent à paniquer. Elles ne sortaient plus seules, se promener dans la forêt comme à leur habitude et certaines ne sortaient même plus de le chez elle. La rumeur était parvenue jusqu’aux oreilles de Petite Fée, qui se faisait du souci pour ses amis. Elle décida d’écourter sa retraite et de revenir sur le champ .Arrivée au village, elle alla directement voir sa meilleure amie, Anabelle. Cette dernière, heureusement, était en bonne santé mais très secouée : son ami, Azaniel, avait disparu la nuit dernière. Petite Fée décida d’aller demander de l’aide à son grand ami, le Mage Blanc. Elle savait que son cœur saignerait à nouveau rien qu’à sa vue, mais il y allait du salut de tous et c’était, elle en était intimement persuadée, leur seul espoir. Elle prit donc seule, et contre l’avis d’Anabelle, la route menant vers la demeure de son vieil ami. Elle ne le vit pas comme à son accoutumée en train de s’occuper de ses plantes. Il devait être à l’intérieur, trop occupé à confectionner de nouvelles potions. Elle remarqua que sa serre, sa si précieuse serre, était à l’abandon… Il lui est arrivé quelque chose, se dit-elle, prise d’une soudaine panique. Elle entra dans le salon qu’elle trouva désert, il devait être dans son atelier, se rassura-t-elle. Elle entendait un bruit, qu’elle reconnut, au fond de la maison. Il était bien là. Elle entra dans l’atelier et fut immobilisée. Elle ne pouvait plus bouger. Mais que lui arrivait-il ? C’est alors qu’elle l’aperçut, son visage portait les marques d’une grande fatigué mais était sans expression. Il paraissait comme possédé. Elle essaya de lui parler, mais sa voix n’arrivait pas à sortir. Elle devait pourtant réussir . Reiyel… fut le seul mot qu’elle parvint à prononcer après un effort intense. Elle réessaya.
-        Reiyel… Ne me reconnais-tu pas ? C’est moi, Petite Fée…
Il la regarda mais son visage était toujours aussi inexpressif. Elle remarqua, maintenant qu’il était suffisamment proche d’elle, qu’il n’arborait plus sa magnifique robe blanche, il l’avait troquée contre des vêtements couleur de nuit.
-        Reiyel, écoute-moi, tu n’es plus toi-même… Tu es sous l’emprise d’un sortilège… Réagis, Reiyel !
Elle avait terminé sa phrase dans un cri, un cri de désespoir. Il la transportait maintenant vers sa table de travail, c’est alors qu’elle vit en face d’elle sur l’étagère, les statuettes de fée. Elle semblait de marbre et était d’une précision parfaite. Ces statuettes ne représentait que des petites fées endormies. Soudain, elle reconnut Azaniel. C’était la dernière statuette sur la droite. C’est alors qu’elle comprit ce qui l’attendait. C’était lui le «chasseur de fées ». Ca ne pouvait pas être lui, pas Reiyel… Il fallait qu’elle brise cet enchantement…
-         Reiyel, écoute-moi. Je t’aime ! Je t’ai toujours aimé…
Il était affairé à préparer ses instruments. Il s’était arrêté un moment en entendant ces trois petits mots qui portent en eux la plus puissante des magies, mais il était encore sous l'emprise maléfique de la socière.
-        Je t’ai toujours aimé, depuis la première fois que je t’ai vu. Mais tu semblais encore tellement amoureux de ta femme, d’ Ariana, que je pensais n’avoir aucune chance. Elle semblait dans toutes tes pensées…
Elle avait perçu une lueur quand elle avait prononcé son nom, le nom de cette femme qu’il avait tant aimé.
-        Lutte pour Ariana ! Tu l’as toujours aimé. Pense à ta femme !
Reiyel entendait une petite voix dans sa tête. Mais il la connaissait, c’était celle de Petite Fée. Il voulait ,lui aussi, lui parler mais il ne le pouvait pas, il était comme emprisonné dans son propre corps. Avait-il bien compris, elle l’aimait et ce depuis, le jour de leur rencontre. Elle n’avait jamais osé le lui dire parce qu’elle croyait qu’il ne l’aurait jamais aimée. Mais, il avait compris, depuis qu’il était prisonnier de ce sortilège, qu’il l’aimait de tout son être, c’était à elle qu’il pensait, c’était elle, sa lueur d’espoir. Il avait vraiment aimé sa femme mais elle n’était plus de ce monde à présent et elle l’aimait. Il s’apprêtait à lui voler ses pouvoirs et elle l’aimait . Il se figea tout à coup. Il menait une lutte contre le même pour reprendre possession de son corps. Il ne pouvait pas lui voler ses pouvoirs, pas à elle, pas ceux de Petite Fée… Petite Fée était épuisée par l’effort qu’elle venait de faire. Il la vit tout à coup, elle semblait sans vie. A cet instant, le charme se brisa, il retrouva possession de son corps et prit Petite Fée dans ses mains. Lui ayant donné sa taille humaine, il posa sa tête contre son cœur. Il battait, elle n’était pas morte. Par il ne savait quel moyen, elle avait réussi à lui parler alors que le sortilège qui l’emprisonnait l’en empêcher normalement. Il avait tellement eu peur de la perdre… Il avait toujours la tête contre sa poitrine quand il sentit une main sur son visage. Il releva la tête : Petite Fée le regardait en souriant. Il l’embrassa. C’est alors qu’il entendit des petits rires cristallins et des bruissements d’ailes. Ils ne s’étaient pas aperçus que toutes les fées avaient été libérés, une fois le sortilège qui maintenait Reiyel prisonnier, fut brisée. Petite Fée n’avait jamais été aussi heureuse. Elle allait enfin pouvoir vivre heureuse avec celui qu’elle aimait. La vie n’avait jamais semblé aussi belle…
 
F in
 

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