137. Un amour de fée (28/...) : chapitre 31

Publié le par marypistache

Chapitre 31 : Eliocos, l’Elfe noir
 
Après une folle nuit de passion, Eliocos s’éveilla à l’aube, une habitude qu’il avait prise depuis de nombreuses années. Se trouvait encore endormie à ses côtés, une jeune elfe dont les cheveux blonds recouvraient ses courbes généreuses. Il releva une mèche qui cachait son doux visage et sourit au souvenir de cette nuit de délice et de plaisir où leurs corps s’étaient unis dans un accord parfait. Mais, son sourire s’effaça aussitôt. Il savait aussi que ce serait la seule… Il se leva. Les premiers rayons du soleil se déposaient sur sa peau comme de fragiles papillons. Dans l’aube naissante, il n’avait pour habit que son médaillon et un anneau qu’il ne quittait jamais. Ses cheveux d’un noir profond retenus par une tresse qui descendait sur son torse laissaient voir le magnifique tatouage qu’il arborait dans le dos. Un jeune homme agenouillé déposait ses armes au pied d’un mage sous le tendre regard de la Déesse Artésia. Une chouette trônait fièrement sur l’épaule de la Déesse. En échange, le vieux mage à la chevelure d’un blanc éclatant lui offrait un grimoire qui recelait tous les secrets de ce monde. Une corneille voletait au-dessus de lui. Aux côtés du jeune homme, un perroquet aux couleurs vives semblait représenter la fougue de la jeunesse. Ce tatouage, à ses yeux, symbolisait son destin. Jeune aventurier intrépide, guerrier redoutable, il avait déposé les armes et toute la violence qu’elles refermaient pour accéder à la sagesse et à la paix de l’esprit. Cette sagesse qui le sauverait et sauverait son peuple. Mais avant de connaître cette sérénité, il se devait de livrer une guerre inévitable, mais salvatrice. Il ouvrit les rideaux et de la fenêtre observa la naissance de l’astre solaire. Elfe noir, il n’avait connu que la guerre, les pillages et les complots. Il y a des siècles, son peuple avait été engagé dans un combat qui ne les concernait pas. Les Mages Noirs, de puissants magiciens, avaient réussi à convaincre leur chef de s’allier à eux en vu de devenir l’un des maîtres incontestés du monde. Avide de pouvoir, ce dernier accepta. Mais le prix fut le plus lourd que son peuple n’ait jamais eu à payer : l’aliénation, la pire des malédictions. Eux, qui au départ étaient des nobles guerriers, étaient devenus les pires assassins et les pires mercenaires que le monde ait connus à la solde des Mages Noirs. Ils étaient devenus les esclaves asservis de leur Armée… Cela s’était passé il y a maintenant très longtemps mais la malédiction pesait toujours sur son peuple. Dans le soleil levant, il ne put retenir un cri empli de rage et de désespoir. Il porta la main à son médaillon, un des biens les plus précieux qu’il avait sur terre. Cadeau d’une vieille femme qu’il était sur le point d’assassiner sur les ordres d’un mage noir dont son peuple continuait malheureusement à être les serviles esclaves, il était à ses yeux le signe de sa délivrance. Cette scène, il ne l’oublierait jamais, elle était gravée au plus profond de lui même. Cette vieille femme dont il ne connaissait même pas le nom et qui pourtant l’avait sauvé des ténèbres éternelles… Il avait pénétré chez elle en pleine nuit. Mais, cette dernière nullement effrayée semblait l’avoir attendu patiemment. Elle l’avait vu et s’était levée comme pour le saluer et lui avait dit sur un ton où ne perçait nulle crainte :
-         Jeune homme, j’ai une faveur à vous demander. Avant de me tuer, j’ai quelque chose à faire. Voulez-vous bien m’attendre ?
Son visage était tellement paisible qu’il ne put refuser. Il hocha simplement la tête en signe d'acquiescement. Elle alla jusqu’à sa chambre et revint avec une poche en velours grenat. Elle s’approcha de lui et lui tendit l’objet. Il ne savait pas comment réagir. Elle lui dit simplement ses mots :
-         Le salut que tu recherches se trouve ici.
Eliocos ne sut que répondre. Comment pouvait-elle savoir ? Mais qui était donc cette femme aux cheveux d’un blanc aussi pur que la neige dont le visage serein avait gardé toute sa beauté d’antan. Avec réticence, il accepta le présent. La vieille femme le regardait toujours d’un regard tranquille. Il ouvrit la pochette et la renversa. Il reçut dans sa main un médaillon en forme de pièce. Sur la face qui était visible, le profil régulier de la déesse Artésia portant avec fierté le casque ailé se découpait sur le fond du médaillon. Il le retourna. Sur l’autre face, une chouette aux ailes déployées en occupait le centre. Cela faisait un moment qu’il la contemplait sans savoir ce qu’il devait en penser. Intrigué, il regarda la vieille femme qui le fixait toujours de son regard pénétrant.
-         Alliée de la lune, gardienne des secrets et des anciens savoirs, la chouette sera désormais ta protectrice. Symbole de la Déesse Artésia, guerrière chasseresse, dont la sagesse a su guider les peuples, elle t’aidera à trouver le salut.
Il l’écoutait sans pouvoir rien dire. La vieille femme poursuivit :
-         Ta quête sera longue et ta délivrance à conquérir. Mais ton cœur dont la pureté a été souillée sera purifié par une série d’épreuves dont la plus importante causera soit ta perte soit ta délivrance.
Elle se tut. Dans le silence, ses paroles raisonnaient encore dans l’esprit du jeune homme quand elle reprit.
-         Tu feras partie de ceux qui détruiront le mal. Tu seras l’un de ceux qui délivreront le monde d’Askan.
Eliocos était stupéfait. Sauver le monde de ce démon, mais Askan était mort, il y avait de cela des siècles… Il ne comprenait pas ce qui se passait et se sentait dépasser par les évènements.
-         Une destinée hors du commun t’attend, Eliocos, si tu es prêt à l’accepter. Tu as été sous l’emprise des mages noirs, tu as connu l’enfer, la soumission, la souffrance… Il est temps pour toi de renaître et de d’accomplir ce pour quoi tu es né…
Une seule pensée lui traversa l’esprit : comment savait-elle son nom ?
-         Je suis la Grande Prêtresse d’Artésia. Elle t’a choisi pour accomplir sa volonté et rendre à cette terre la paix qui lui est due. Tu as le droit de refuser mais sache que toi seule est digne aux yeux de la Déesse d’accomplir cette tâche.
Une douce chaleur s’empara alors de son corps comme si quelqu’un le prenait dans ses bras. Inconsciemment, il avait fermé les yeux. Quand il les avait ouverts de nouveau, la vieille femme n’était plus là, il était seul dans les ténèbres mais la chaleur bienfaisante était encore présente. Une voix suave se fit alors entendre :
-         Eliocos, je t’ai choisi. Toi seul, est digne à mes yeux d'accomplir ma volonté…
C’est alors que la Déesse apparut dans toute sa splendeur. Subjugué par tant de beauté, il n’osait pas bouger. Gracieusement, elle se rapprocha de lui.
Reprenant ses esprits, il osa lui dire ce qui lui brûlait les lèvres depuis qu’il avait entendu ce nom, cause de tant de souffrance:
-         Mais, Déesse, Askan n’est plus de ce monde…
Elle l’arrêta d’un signe de la main
-         Il y a des voies qui sont impénétrables, les astre ont parlé. Askan reviendra et son pouvoir sera encore plus redoutable… Mais, une poignée d’homme se lèveront et oseront le défier. Tu feras partie de ses hommes, Eliocos.
Elle s’approcha encore de lui.
-         Depuis le commencement, je t’ai observé. Je t’ai suivi à chacun de tes pas. J’ai souffert avec toi… Tu as toujours été un des mes fidèles. Je t’ai pris sous ma protection depuis ta naissance. Tu m’as toujours vénérée et aimée d’un amour pur et constant. Ta fidélité et ton obstination à servir ma cause seront un jour récompensés.
Elle lui caressa la joue de sa main au poignet délicat. Elle défit un des lacets qui essayait de dompter sa chevelure rebelle aux boucles d’or. Elle prit le médaillon en argent et l’attacha au cou d’un jeune homme.
-         Ce médaillon veillera sur toi jusqu’au jour où pour toi, je me réincarnerai et le moment venu je serai tienne. Jusqu’à ce jour, tu es libre d’aimer et découvrir tous les plaisirs que recèlent cette terre. Le jour viendra où nous serons un.
Elle était tellement belle. Ses cheveux blonds ondulés tombaient telle une cascade sur ses reins. Ses yeux d’un bleu clair le regardait avec tendresse. Sa bouche, pareille à un bouton de rose fraîchement éclose, était une invitation à l’amour. Leurs lèvres scellèrent dans un tendre baiser ce pacte d’amour éternel. Avant de disparaître, elle lui fit un présent. Evanescente, elle murmura ces dernières paroles :
-         En gage de mon amour, reçois cet anneau sacré, signe de notre rencontre. Le jour de nos retrouvailles, il te révèlera qui je suis… Jusqu’à ce jour, je veillerai sur toi mon amour…
Tout devint trouble. Il ferma les yeux. De nouveau, il était dans le salon de la petite vieille qui le regardait en souriant.
-         La Déesse t’a parlé. Mon travail est achevé ici bas. Si tu veux me tuer, va-z-y, je n’ai plus rien à faire sur cette terre.
Elle avait parlé d’une voix où ne régnait pas la peur.
-         Je ne vais pas te tuer, Grande Prêtresse. Tu es celle qui a su me montrer le chemin. Je ne suis plus l’homme qui suis entré dans ta demeure. Eliocos, l’elfe noir est désormais celui par qui le règne d’Askan prendra fin. Sur ces mots, il était parti en quête de sa délivrance réunir l’armée qui viendrait à bout de ce tyran, qui par ,il ne savait quelle magie, allait réussir à revenir d’entre les morts
Plusieurs années s’étaient écoulées sans qu’Askan ne donne aucun signal de son retour. L’Armée dont il était le chef grossissait d’années en années. Il avait de plus en plus de fidèles. Même rien ne le laissait présager, il sentait le retour d’Askan proche. Il décida de s’habiller et d’aller prendre l’air. Malgré les premières lueurs du jour, la brume ne s’était pas encore dissipée. La fraîcheur du matin le revigorait. Il aimait ce moment de la journée où la nature peu à peu s’éveillait. Il entendit des pas qui semblaient prendre sa direction. A l’affût, tous ses nerfs tendus, il attendait. C’est alors qu’il l’entendit.
-         Que la paix soit avec toi jeune homme. Tu n’as pas changé depuis la dernière fois que je t’ai vu.
Cette voix lui était familière. Une silhouette se découpait dans la brume, légèrement courbée, une silhouette fine. Il la reconnut et alla à sa rencontre :
-         Grand Prêtresse, vous devez être fatiguée. Mais à votre âge, vous ne devriez pas…
-         Toujours aussi impertinent. Il y a quelques années, tu enfonces ma porte et aujourd’hui tu m’insultes…
Ils éclatèrent de rire. Malgré la brume, il vit son visage se durcir.
-         Qu’y a-t-il, Grande Prêtresse ?
-         Eliocos, le moment tant redouté est proche. Askan est de retour…La Déesse m’envoie te rappeler ta mission. Es-tu toujours d’accord ? Le temps a passé et …
Il ne la laissa pas achevé sa phrase.
-         La Déesse m’a choisi. Je ne la décevrai pas.
La vieille femme avait lu dans son regard toute sa détermination. Elle savait que la Déesse avait fait le bon choix. N’avait-elle pas prévu d’en faire son mari ? Elle sourit. Devenir mortelle par amour, une folie…
-         Venez, allons nous réchauffer autour d’un bon feu, ajouta-t-il en souriant.
Il soutint la vieille femme. Enfin le moment était arrivé, ce moment auquel il se préparait depuis tant d’années. Il allait livrer sa plus grande bataille et retrouver l’amour de sa vie… Il jeta un regard à l’anneau qu’il n’avait jamais quitté depuis leur rencontre et ses paroles lui revinrent en mémoire : « En gage de mon amour, reçois cet anneau sacré, signe de notre rencontre. Le jour de nos retrouvailles, il te révèlera qui je suis… » Il ferma les yeux et un sentiment de joie intense l’envahit. Il allait enfin la revoir. Mais un doute s'empara de lui : la reconnaîtrait-il? Il lui sembla entendre de nouveau la voix suave et sensuelle de la Déesse : «  il te révèlera qui je suis… ». Cet anneau les réunirait, il devait y croire.

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Cojoloco 16/03/2006 12:46

Pauvre Honorius, j'espère qu'il ne lui est rien arriver de grave...
En parlant de clavier, un loup avec des gants c'est bien pire qu'un doadetrol, j'ai tout planté tout à l'heure, en partant de chez moi. dB-D
A++

marypistache 16/03/2006 12:54

Enfin, si j'ai bien compris les cervicales fragilisées et le froid n'arrange rien. Notre vieux sorcier doit se soigner et se reposer sérieusement! Rires! J'espère qu'il sera très vite remis sur pied! Sinon le pas doué aux doigts de velours gantés! Rires! Je t'ai loupé! Moi j'ai même pas vu que je n'étais pas connectée...Euh petit prob!!! Mon mini chat a disparu!! La pouasse, c'est pour ca... Bizarre!  Bon, à ce soir, le temps que je règle le prob!! Pas eu besoin de régler, c'est revenu, ouf! Petite fée soulagée
 

Honorius 14/03/2006 18:02

un copier coller, c'est tout ce que je peux me permettre en ce moment même si il y a une petite amélioration, je dois encore rester prudent avec le clavier. Merci de ton soutien et de tes visites. Bisous petites fées