314. La Petite Fille et l'ange

Publié le par marypistache


A mon chéri, Claude
2 ans déjà, je t'aime
Joyeux anniversaire!

 

La Petite fille et l’ange de Noël


Elle serait contre son cœur son trésor. Elle ne possédait rien jusqu’alors auquel elle tenait vraiment, juste quelques piécettes qui s’en allaient aussi vite qu’elles étaient arrivées. Elle l’avait trouve près des poubelles à demi-recouvert de neige. Une de ses ailes était brisée et ses couleurs, jadis vives, s’étaient fanées depuis quelques temps déjà, mais elle, elle  le trouva magnifique, encore plus en ce jour de Noël. Dans la froideur de l’hiver, elle ne se sentait plus seule : elle avait un ange à ses côtés, son ange. Une petite lueur d’espoir rayonna en elle et réchauffa son petit cœur d’habitude si triste.


Un ange, de là-haut, sentit jusqu’au plus profond de son être, chose qu’il n’avait pas ressenti depuis très longtemps,  la naissance ou plutôt la renaissance d’une  âme, débordante d’amour et d’espoir. Intrigué, il jeta un coup d’œil au delà des nuages pour essayer de percevoir d’où venait cette aura rayonnante. Son regard s’arrêta sur une rue presque déserte où quelques lève-tôt et retardataires se pressaient. Il n’arrivait pas à déterminer d’où venait cette essence. Il ferma les yeux et se laissa guider par ce qu’il ressentait. Il ne l’aperçut tout d’abord pas, il distingua juste une petite forme recroquevillée dans la neige dans un recoin sombre d’une ruelle, un peu abritée du froid. Il plissa les yeux . Il en était sûr, c’était de ce petit être abandonné de tous qui semblait endormie qu’émanait cette âme pleine d’espoir et promesse.


Malgré le froid qui régnait en cette matinée de Noël, les passants matinaux qui s’affairaient sans même la voir comme si elle faisait partie du décor, les préparatifs de dernière minute, la petite fille s’était endormie. Malgré la crasse qui collait ses cheveux pâles, son visage barbouillé, ses haillons, ses petites mains et ses petits pieds rougis par le froid et protégés tant bien que mal par quelques morceaux de tissus élimés, l’ange put voir qu’elle souriait et il vit ce que sa petite main serrait tendrement contre son cœur. L’ange fut à la fois pris de pitié et d’admiration face à cette enfant oubliée de tous et pourtant si pleine d’espérance et de foi. Il décida de faire quelque chose pour la fillette.


A son réveil, la figurine avait disparu. Elle la chercha partout, désespérée et pleura toutes les larmes qui lui restaient qui perlèrent à ses cils comme des gouttes de cristal. Les passants voyant son désarroi étaient plus émus que d’habitude. Un tel désespoir habitait son regard qu’une fois qu’il croisait le vôtre, vous ne pouviez vous en détacher tant il vous serrait le cœur.  Désemparée, elle était restée immobile tout le reste de la journée près de l’endroit où elle avait serré pour la dernière fois avec tant de bonheur son petit trésor. Elle ne fit pas même attention aux piécettes qu’elle avait eues ce jour-là, n’alla pas les échanger contre quelques victuailles chez l’épicière du coin qui l’aimait bien. Elle resta là figée comme une statue jusqu’à ce que le jour s’achève.


A la nuit tombée, un homme s’approcha d’elle. Il s’agenouilla près d’elle et commença à lui parler. Elle ne remua pas d’un  cil comme prostrée

- Bonjour, jeune fille. Comment allez-vous ?

Elle ne répondit même pas alors que d’habitude, elle était d’humeur amicale et bavarde.

L’homme répéta sa question mais toujours aucune réaction de la part de la fillette. A cette aura lumineuse avait succédé une âme sombre et empli de découragement, toute lueur d’espoir semblait avoir disparu. Il recula et la regarda. Il savait qu’il était la raison de ce désespoir etne le supportait plus.

Il ouvrit brusquement ses ailes et une douce chaleur envahit l’atmosphère. Elle remua comme si elle se réveillait de sa léthargie et regarda en face d’elle.

- Vous, vous…Vous êtes mon ange … Mais comment …

Elle ne put achever sa phrase.

- Est-ce possible ? poursuivit-il. Tu as tellement cru en moi, tu m’as empli de tant d’amour que tu m’as donné vie. A moi de faire quelque chose pour toi. Que souhaites-tu ?

Elle réfléchit longuement.

- Je souhaite que tous les enfants du monde comme moi soient à l’abri et en sécurité ; qu’ils soient aimés et chéris… C’est ce que je souhaite, affirma-t-elle d’un air déterminé.

Une telle dose de sagesse chez un autre enfant l’aurait étonné mais pas chez elle. Il la prit par la main. Elle le suivit.

- Je vais devenir un ange comme toi ? demanda-t-elle timidement.

- Mais tu l’es déjà.Regarde.

Ses haillons étaient devenus des habits de lumière et deux magnifiques petites ailes toute blanches se déployaient sur ses côtés.

- A partir de cette nuit, tu es cet ange. Tu veilleras désormais sur tous les enfants de la Terre, riches et malheureux, miséreux et solitaire, dit-il et ils disparurent dans un doux halo lumineux.


Ne restait de la fillette que quelques piécettes et de l’ange, la petite figurine qu’elle avait tant serrée contre son cœur. Une plume toute blanche se posa près d’elles tandis qu’un rire cristallin et enfantin résonnait encore dans l’air frais de cette nuit de Noël.

 

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Cendre de Lune 25/04/2009 12:47

C'est super beau ! Bravoo !

honorius 24/04/2009 18:31

jolie conte, mais bien triste, si j'étais un ange c'est sur que je rendrai heureux tous les malheureux de la terre. Bonne fin de semaine et gros bisous du vieux sorcier