Les 25 bougies : petites histoires de noël

Samedi 24 mai 2008


Petit étoile

 

Petite étoile était une toute jeune étoile. Elle n’avait jamais connu le souhait de l’Etoile du soir. Elle était si petite et tellement moins lumineuse que ses sœurs qu’on ne lui adressait aucune prière. Discrète, elle avait su prendre son partie et mettait toute son énergie à briller comme ses sœurs. Elle y parvenait et était la plus brillante de toutes avant de s’éteindre. Une petite fille qui aimait s’accouder à sa fenêtre et regarder le ciel étoilé avant d’aller se coucher fut intriguée par cette lumière vive qui avait soudain disparu. Elle demanda à sa mère qui lisait dans un fauteuil près d’elle :

        «  Maman, pourquoi cette petite étoile qui brillait s’est-elle éteinte ?

     -  Elle s’est éteinte parce que ce n’est qu’une petite étoile et qu’elle ne sait pas encore briller comme ses sœurs, dit-elle en se levant.
Puis, s'approchant du rebord de la fenêtre, elle prit sa petite fille dans ses bras et la serra tendrement.
- Elle fait beaucoup d’effort comme toi pour grandir et elle y met toute son énergie. Toutes les grandes étoiles si belles que tu vois illuminer le ciel ont été de petites étoiles comme elle avant de devenir l’Etoile du soir pour un enfant qui l’aura choisie et qui lui confiera ses secrets et ses souhaits. Elle a encore un long chemin à parcourir avant que quelqu’un ne la voit et lui fasse confiance…

-  Mais non, maman. Moi, je l’ai vue et c’est elle que je veux. Elle sera mon Etoile du soir. »

Souriant, sa mère l'embrassa avant de s'éloigner pour ne pas briser la magie de ce moment, ce lien mystérieux et unique qui s’était créé entre sa fille et une petite étoile du soir. Elle regarda encore une fois sa fille et vit ses yeux brillant d'un éclat intense qui regardait avec foi sa petite étoile du soir qui s’était illuminée de nouveau pour remercier sa petite protégée de sa confiance."


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Jeudi 12 juin 2008
Titre provisoire, texte provisoire aussi comme tous mes textes d'ailleurs qui sont sujets au changement n'étant pas à mes yeux parfaits... Il y a certainement pas mal de coquilles ( je m'excuse d'avance!). J'espère que cette petite histoire vous plaira. Elle fait partie des 25 petites histoires ou contes que j'avais commencé à écrire pour Noël dernier... Mais, je n'avais pas eu le temps ni l'inspiration  suffisante pour finir mon projet : 25 histoires. J'ai décidé de publier quand même ces petites histoires que je compte bien terminer et offrir à mes neveux et à ma future nièce pour leur prochain Noël! En projet donc et même un livre visible et lisible sur le net... J'essaierai de les faire publier aussi... Bon, je ne m'étale pas plus longtemps... sinon je pourrais encore en parler des heures! Rires! Après Petite Etoile, je suis fière de vous présenter Petite Flamme ( ou la vie rêvée d'une petite bougie)

Petite flamme


Le rêve d’une bougie est d’éclairer le monde, de trôner fièrement à une table de noël, à celle d’amoureux ou dans un magnifique bougeoir ou un lustre… Présider à une haute destinée de préférence romantique et non pas pratique tel était le rêve de toute bougie.

Notre petite bougie tout comme ses frères et sœurs attendait patiemment dans de petites boîtes et elle frétillait d’impatience à l’idée d’être allumée par des amoureux transis que sa douce lueur éclairerait. Elle était d’un naturel romantique, notre petite bougie.

Elle fut finalement achetée, elle et ses sœurs cadettes, par une vieille femme qui voulaient les offrir à sa petite fille. Elle voulait faire revivre la magie de la nuit de noël comme elle l’avait connue dans son enfance. Elle acheta donc des bougies de toutes sortes, de taille, de couleur et de forme différentes. Elle voulait tellement faire plaisir à sa petite Lisbeth.

La jeune enfant avait perdu ses parents quelques mois plus tôt et sa grand-mère était devenue sa seule famille. Ses grands yeux noirs autrefois rayonnant de gaieté et d’insouciance étaient aujourd’hui ternes et toujours voilés d’une infinie  tristesse. Elle avait également un air grave et placide qui inquiétait profondément sa grand-mère. Il semblait dire peu importe ce qui peut arriver, que cela arrive… La vieille dame savait que malgré les malheurs que l’on connaît au cours de sa vie, et elle a avait fait un bout de chemin, qu’une enfant ne doit jamais perdre sa joie de vivre et son âme d’enfant. Ces choses sont si précieuses à l’être que nous sommes que nous ne pouvons nous permettre de les égarer au risque de nous perdre nous-mêmes. Elle souhaitait illuminer à nouveau le regard de sa petite fille en lui faisant redécouvrir la magie de Noël.

Elle avait pris soin d’emballer un ancien livre de conte, un de ses biens les plus précieux qui avait su la faire rêver alors que ce n’était qu’une petite fille. Elle voulait absolument lui en faire cadeau espérant pouvoir faire renaître l’âme abîmée de sa petite Lisbeth.

Elle avait décidé de recréer le Noël de son enfance, à l’époque l’électricité n’équipait pas tous les foyers et on s’éclairait encore à la chandelle. Et tous les soirs de décembre pendant que sa petite fille dormait  profondément dans sa chambre, elle prit soin de décorer chacune des chandelles fines et délicates qu’elle avait achetées en vue de faire renaître l’âme d’enfant de sa petite fille et d’égayer un peu cette soirée d’hiver si chère aux enfants que Lisbeth ne semblait plus connaître. Elle les avait revêtues de leur plus beaux atours, ornées de fleurs séchées ou de légers voilages, de rubans de soie ou de satin. Elles avaient toutes un air de fête dans leur robe blanche pour la plupart et parées d’ornements les plus originaux.

 La veille de Noël, dans l’après-midi, elle avait demandé à sa voisine d’emmener Lisbeth se promener en ville pour qu’elle puisse admirer les devantures et les vitrines des magasins souhaitant aux passants de joyeuses fêtes. L’enfant avait docilement suivi la voisine. Sa grand-mère pendant ce temps était allée chercher un tout petit sapin pour le mettre dans un coin de la pièce en espérant que Lisbeth voudrait bien le décorer. Elle avait retiré les cartons de décoration, boules, guirlandes et autres petits objets qu’elle avait déposés au pied du sapin à l’attention de la jeune enfant. Cette dernière, rentrant de sa promenade, accepta  de le faire. Le repas de fête fut sobre et simple. La jeune fille remercia sa grand-mère et lui offrit une petite carte qu’elle avait acheté l’après-midi même et une petite broche avec une ange. Sa grand-mère la remercia et le petit sourire empreint de tristesse qu’elle lui offrit en retour lui réchauffa le cœur tout en la tiraillant. Sa grand-mère lui dit avec regret que le seul présent qu’elle avait pu lui offrir était ce repas de fête. L’enfant lui sourit tendrement et l’embrassa. Elle se leva pour débarrasser mais sa grand-mère lui dit d’aller se reposer un peu et qu’elle allait mettre le couvert pour le dessert. Elle avait vu un voile de  mélancolie ombragé le visage de sa petite fille.

Elle savait qu’elle n’avait pas beaucoup de temps. Elle plaça et alluma toutes les bougies dans la petite pièce qui leur servait de salon et de salle à manger. Les bougies illuminaient la pièce et lui donnaient un air féerique. Embrassant la petite pièce du regard, elle apprécia la chaleur qui se dégager. Elle retrouva à cet instant précis toute la magie de son enfance. Satisfaite de son travail et émue, elle s’assied près de la vieille cheminée qui réchauffait la pièce. Elle mit son cadeau sur ses genoux et apprécia l’instant. Espérant que la chaleur de la pièce réchaufferait le cœur et l’âme de sa petite fille, elle l’appela. L’enfant entra émerveillée dans la pièce. Plus d’une centaine de bougie éclairait la salon. Elle ne savait plus où regarder tant il y avait de choses à découvrir. Ce regard illuminé et reconnaissant, la vieille dame ne l’oublierait jamais. L’invitant à s’asseoir auprès d’elle, elle lui tendit simplement son présent. La jeune fille le prit et l’ouvrit fébrilement. Elle avait entre les mains un des plus vieux livres qu’elle avait jamais vu. Sa grand-mère lui dit en souriant, la voix tremblante d’émotion :

-         Ma chère enfant, ce livre m’a permis de rêver quand j’étais enfant. Je l’ai lu à ta mère quand elle avait ton âge et il est à toi maintenant. Quand je lui lisais une histoire, je voyais son visage s’illuminer comme le tien à l’instant… Elle lui caressa tendrement le visage… Et j’ai cru voir ta mère…

Dans les bras l’une de l’autre, elles pleuraient maintenant doucement toutes les deux. Séchant ses larmes, elle poursuivit :

-         Je sais qu’elle te manque, que ton père te manque et que tu souffres mais n’oublie jamais une chose : malgré tous les malheurs qui s’abattront sur toi, ne perds pas ton âme d’enfant, ne perds jamais espoir… Je ne veux plus jamais voir cet air si grave sur ton petit visage.

-         Promis, grand-mère… répondit-elle d’une voix étouffée par les sanglots en se blottissant contre elle.

Sa petite fille au creux de ses bras, tournant les premières pages du livre du conte, elles s’apprêtaient toutes deux à vivre sous le regard attendri et fier de notre petite bougie une de leur plus belle nuit de Noël.





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Lundi 20 avril 2009

A mon chéri, Claude
2 ans déjà, je t'aime
Joyeux anniversaire!

 

La Petite fille et l’ange de Noël


Elle serait contre son cœur son trésor. Elle ne possédait rien jusqu’alors auquel elle tenait vraiment, juste quelques piécettes qui s’en allaient aussi vite qu’elles étaient arrivées. Elle l’avait trouve près des poubelles à demi-recouvert de neige. Une de ses ailes était brisée et ses couleurs, jadis vives, s’étaient fanées depuis quelques temps déjà, mais elle, elle  le trouva magnifique, encore plus en ce jour de Noël. Dans la froideur de l’hiver, elle ne se sentait plus seule : elle avait un ange à ses côtés, son ange. Une petite lueur d’espoir rayonna en elle et réchauffa son petit cœur d’habitude si triste.


Un ange, de là-haut, sentit jusqu’au plus profond de son être, chose qu’il n’avait pas ressenti depuis très longtemps,  la naissance ou plutôt la renaissance d’une  âme, débordante d’amour et d’espoir. Intrigué, il jeta un coup d’œil au delà des nuages pour essayer de percevoir d’où venait cette aura rayonnante. Son regard s’arrêta sur une rue presque déserte où quelques lève-tôt et retardataires se pressaient. Il n’arrivait pas à déterminer d’où venait cette essence. Il ferma les yeux et se laissa guider par ce qu’il ressentait. Il ne l’aperçut tout d’abord pas, il distingua juste une petite forme recroquevillée dans la neige dans un recoin sombre d’une ruelle, un peu abritée du froid. Il plissa les yeux . Il en était sûr, c’était de ce petit être abandonné de tous qui semblait endormie qu’émanait cette âme pleine d’espoir et promesse.


Malgré le froid qui régnait en cette matinée de Noël, les passants matinaux qui s’affairaient sans même la voir comme si elle faisait partie du décor, les préparatifs de dernière minute, la petite fille s’était endormie. Malgré la crasse qui collait ses cheveux pâles, son visage barbouillé, ses haillons, ses petites mains et ses petits pieds rougis par le froid et protégés tant bien que mal par quelques morceaux de tissus élimés, l’ange put voir qu’elle souriait et il vit ce que sa petite main serrait tendrement contre son cœur. L’ange fut à la fois pris de pitié et d’admiration face à cette enfant oubliée de tous et pourtant si pleine d’espérance et de foi. Il décida de faire quelque chose pour la fillette.


A son réveil, la figurine avait disparu. Elle la chercha partout, désespérée et pleura toutes les larmes qui lui restaient qui perlèrent à ses cils comme des gouttes de cristal. Les passants voyant son désarroi étaient plus émus que d’habitude. Un tel désespoir habitait son regard qu’une fois qu’il croisait le vôtre, vous ne pouviez vous en détacher tant il vous serrait le cœur.  Désemparée, elle était restée immobile tout le reste de la journée près de l’endroit où elle avait serré pour la dernière fois avec tant de bonheur son petit trésor. Elle ne fit pas même attention aux piécettes qu’elle avait eues ce jour-là, n’alla pas les échanger contre quelques victuailles chez l’épicière du coin qui l’aimait bien. Elle resta là figée comme une statue jusqu’à ce que le jour s’achève.


A la nuit tombée, un homme s’approcha d’elle. Il s’agenouilla près d’elle et commença à lui parler. Elle ne remua pas d’un  cil comme prostrée

- Bonjour, jeune fille. Comment allez-vous ?

Elle ne répondit même pas alors que d’habitude, elle était d’humeur amicale et bavarde.

L’homme répéta sa question mais toujours aucune réaction de la part de la fillette. A cette aura lumineuse avait succédé une âme sombre et empli de découragement, toute lueur d’espoir semblait avoir disparu. Il recula et la regarda. Il savait qu’il était la raison de ce désespoir etne le supportait plus.

Il ouvrit brusquement ses ailes et une douce chaleur envahit l’atmosphère. Elle remua comme si elle se réveillait de sa léthargie et regarda en face d’elle.

- Vous, vous…Vous êtes mon ange … Mais comment …

Elle ne put achever sa phrase.

- Est-ce possible ? poursuivit-il. Tu as tellement cru en moi, tu m’as empli de tant d’amour que tu m’as donné vie. A moi de faire quelque chose pour toi. Que souhaites-tu ?

Elle réfléchit longuement.

- Je souhaite que tous les enfants du monde comme moi soient à l’abri et en sécurité ; qu’ils soient aimés et chéris… C’est ce que je souhaite, affirma-t-elle d’un air déterminé.

Une telle dose de sagesse chez un autre enfant l’aurait étonné mais pas chez elle. Il la prit par la main. Elle le suivit.

- Je vais devenir un ange comme toi ? demanda-t-elle timidement.

- Mais tu l’es déjà.Regarde.

Ses haillons étaient devenus des habits de lumière et deux magnifiques petites ailes toute blanches se déployaient sur ses côtés.

- A partir de cette nuit, tu es cet ange. Tu veilleras désormais sur tous les enfants de la Terre, riches et malheureux, miséreux et solitaire, dit-il et ils disparurent dans un doux halo lumineux.


Ne restait de la fillette que quelques piécettes et de l’ange, la petite figurine qu’elle avait tant serrée contre son cœur. Une plume toute blanche se posa près d’elles tandis qu’un rire cristallin et enfantin résonnait encore dans l’air frais de cette nuit de Noël.

 

Par marypistache
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