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319.Le troll et la fée : chapitre 8 ( Une révélation entraînant une autre…)

 

 

Chapitre 8 : Une révélation entraînant une autre…


Cela faisait des heures maintenant qu’ils marchaient. Kunder  la précédait  et elle le suivait en essayant de garder un rythme de marche constant car elle savait qu’il ralentissait volontairement  pour lui permettre de suivre et ainsi de ne pas se fatiguer trop rapidement. De son côté, depuis la nuit dernière, quelque chose turlupinait  Zoéliana ; une chose qu’il avait dite durant son délire et à laquelle elle ne cessait de penser depuis lors. Elle décida qu’il était temps d’en parler afin d’apaiser sa curiosité et ce sentiment d’insécurité qui l’avait envahie  depuis la nuit dernière.

     -  Euh… balbutia la petite fée hésitante. J’ai quelque chose à vous demander … Mais surtout ne vous fâchez pas , lâcha-t-elle finalement.

Il ne broncha pas et acquiesça simplement d’un mouvement de tête poursuivant son chemin. Ayant eu sans grande difficulté son consentement et même si l’intimité de la nuit précédente semblait se dissiper, elle décida de se lancer et poursuivit :

     -  Vous déliriez pendant votre sommeil et vous ne cessiez de répéter  un mot… quelque chose comme Wol ou Wel … un nom, je crois…,Wolvin, Welvin, Welfon… Arfffff, pouffa-t-elle d’énervement, je n’arrive pas à m’en souvenir.

     -  …Fin, acheva-t-il. Welfin, reprit-il martelant chacune des syllabes.

     -  Oui, c’est bien ça : Welfin, répéta-t-elle victorieuse et ne s’étant pas aperçue de son arrêt, elle enchaîna  sans réfléchir à ce qu’elle disait  « et d’autre chose comme ne m’abandonne pas …. »

Réalisant tout à coup la teneur de ses propos et son audace, elle s’arrêta. Elle vit alors qu’il s’était également immobilisé. Ne sachant plus où se mettre et face au silence qui devenait à chaque seconde plus pesant,  elle ajouta sur un ton d’excuse et de gêne presque larmoyant :

     -  Je sais que c’est très personnel, je m’en excuse. Je… je ne voulais pas faire resurgir de mauvais souvenirs ou quelque chose qui vous blesserait, pardonnez-moi…  parvint-elle à dire en balbutiant quelque peu. Mais je pensais que c’était aussi quelque chose d’important et qu’il fallait que je vous en parle, conclut-elle rapidement .

    -  Oui, c’est très personnel ; et je n’ai pas très envie d’en parler maintenant . De plus,  je n’aime pas en parler…. asséna-t-il d’une voix claire et forte où elle perçut tout de même une brèche qu’il essayait tant bien que mal à dissimuler.

 Un long silence suivi cette déclaration. Il ne lui faisait toujours pas face et elle n’osait même plus affronter son dos, cette stature qu’elle trouvait à ce moment précis tout aussi imposante que sa voix. Elle fixait le sol et ses pieds, inquiète. Semblant sortir de sa torpeur et bien que son corps lui semblait tout à coup pesant et maladroit, l’elfe se tourna finalement vers  la petite fée qui lui parut  à cet instant bien jeune et bien loin de ses préoccupations et des blessures que la vie lui avaient déjà affligées alors qu’il n’était pas vraiment beaucoup plus vieux qu’elle. Il s’adressa à elle en hachurant quelque peu ses propos tellement ce qu’il lui disait paraissait lui peser sur le cœur :

     -  Mais, je vous dois bien une explication après ce que vous avez fait pour moi. Je ne vous en ai pas parlé parce que j’avais  rayé son nom de ma vie… Welfin … cet homme… cet homme  était comme mon frère….  Malheureusement, nos routes se sont séparées. Nous avons fait des choix différents : il n’a pas voulu me suivre ni m’aider dans ma lutte et a préféré pactiser avec l’ennemi  « pour le bien des nôtres,» avait-il dit. J’ai bien peur qu’il ne soit aux côtés de ce monstre et pire  qu’il ne soit sous ses ordres alors que ce dernier ne cherche qu’à asservir notre peuple… Peut-être même… qu’il  est mort… acheva-t-il presque dans un murmure. Sa voix, tout son être exprimait une profonde souffrance.

     -  J’en suis désolée… trouva-t-elle seulement à dire.

     -  Non, ce n’est rien. C’est la vie ! se reprit-il. On ne peut obliger personne à faire les mêmes choix que vous,  aussi proche soit-il.

Cette réflexion faite, il changea radicalement de sujet en se remettant en marche :

     -  Il faut accélérer le pas, dit-il. Elle ne put s’empêcher de sourire à la pensée que tant qu’ils ne seraient pas arriver à destination, il ne cesserait de répéter cette phrase encore et encore. Il faut vous mettre en lieu sûr. Je ne veux pas qu’il vous arrive quelque chose. Il faut aussi rattraper le retard de cette nuit. Les hommes qui sont à notre poursuite ne doivent pas être bien loin, je le sens. Ce sont des chasseurs et de très bons pisteurs . Ils nous retrouveront à un moment donné et je préfèrerais à ce moment-là être seul.  Nous sommes encore à plusieurs jours de notre destination  et ….

Le sourire fugace qu’avait eu de Zoéliana s’était vite dissipé et n’avait pas effacé cette boule qu’elle avait toujours au creux de l’estomac. Habituée à ce qu’il se répète et à ce qu’il planifie leur journée et soit aussi direct que réaliste sur les dangers qu’ils encouraient, elle ne l’écoutait que d’une oreille et ne l’interrompait plus même si elle n’était pas d’accord avec ce qu’il disait. Elle savait qu’elle ne l’abandonnerait pas et qu’elle irait jusqu’au bout , qu’elle l’aiderait quitte à devenir une monnaie d’échange, à pousser son père et les siens à réagir. Elle ne lui en avait pas encore touché  mot et ne comptait pas le faire, le sachant aussi buté qu’elle. Ce qu’il ignorait c’est qu’avant de le rencontrer, elle ne savait rien de la vie qui l’entourait. Elle avait vécu comme dans une bulle coupée de tout, de la vie en général avec ses peurs, ses échecs, ses déceptions, ses peines et ses malheurs. Elle ne savait rien de ces guerres et de ces tyrans, de ces peuples luttant pour leur avenir. Elle,  qui s’amusait à longueur de temps, flânait, s’était trouvée un but, une destinée, un rêve aussi. Celui de Kunder, celui de libérer son peuple… Mais à cet instant , elle ne l’écoutait plus du tout, elle ne pouvait même plus réfléchir paisiblement car une autre interrogation l’empêchait d’être sereine.

     -  Quelqu’un d’autre sait-il où nous allons ? osa-t-elle demander l’interrompant. Elle ne remettait pas en doute ses choix et ses qualités de combattant et de guerrier. Il l’avait protégée jusque là et elle avait confiance en lui. Mais au vue de ses dernières révélations, la destination vers laquelle ils se dirigeaient était-elle réellement sûre . Cela, elle était certaine, elle était en droit de le demander.

     -  Il n’y a que peu de personne qui le savent et ceux qui sont au courant sont des personnes  de confiance qui donneraient leur vie pour me sauver.

     -  Et Welfin en faisait partie ? hasarda-t-elle . Elle n’avait plus rien à perdre. Son bien le plus précieux à ce jour, et elle ne l’avait que trop compris, était sa propre vie

     -  Non, il ne la connaît pas. Seuls trois personnes la connaissaient : mon père qui est mort, moi et enfin mon bras droit au village, Elédia, celle à qui je confierais ma vie, les yeux fermés.

Elédia ? Mais qui était-elle donc, cette Elédia à qui Kunder faisait entièrement  au point de lui confier sa vie ? Serait-elle… et elle n’eut pas le courage de continuer. Face à cette réponse plus qu’énigmatique à ses yeux qui soulevait bien plus d’interrogations et de doutes que de sereines pensées, notre petite fée perdue à nouveau dans ses réflexions, se tut et marchant silencieusement derrière Kunder se demanda encore une fois pourquoi  à l’évocation de ces noms, une boule d’angoisse s’était formée au creux de son ventre et qu’elle sentait la menace de plus en plus présente et  se rapprocher dangereusement d’eux.

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H
<br /> J'adore les histoires de trols de fées, ces histoires de contes comme ceux de sorcirs de broceliande. Bon blog!<br /> J'oubliais, il y aussi les farfadets!<br /> <br /> <br />
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